Mais qui sont les “vinties” ?

Mais qui sont les “vinties” ?

14 January 2019 0 By Zoreole974


Vendre ses vêtements. Nous sommes de plus en plus nombreux à le faire, via des sites de revente comme le BonCoin ou ebay, ou des sites spécialisés dans le vêtement tels que Vinted, Videdressing, vestiairecollective… remplaçant les traditionnelles brocantes du dimanche. Désormais, du lundi au dimanche, 24h sur 24’, on peut vendre – et acheter- des vêtements d’occasion. Mais certains sites vont plus loin et ont créé de véritables communautés. Sur Vinted, certaines vont à la fois rechercher un manteau Maje comme des conseils sur l’allaitement. D’autres y cherche du réconfort. D’autres encore y passent leurs névroses. Qui sont ces personnes ? Que cherchent-elles ? Sont-elles des écologistes, minimalistes, des consuméristes effrénées, des modeuses toujours en manque, des étudiantes fauchées, des mamans désespérées, des apprenties vendeuses professionnelles, des opportunistes, des nouvelles converties au rangement, des personnes dans le besoin ? Ces vinties sympathiques que le vêtement a rapproché, j’ai décidé de les rencontrer. Mais pour commencer, étant une utilisatrice moi-même, voici ma confession.

On a tous trop de vêtements, allez, avouez. Il suffit de regarder la nouvelle série Netflix sur le rangement de Marie Condo pour s’en rendre compte. Voire juste de jeter un coup d’oeil à sa penderie. D’ailleurs ça me fait rire parce que j’ai justement lu le livre de la papesse du rangement dans l’espoir de me motiver à cleaner mon placard et au final j’ai juste trouvé la solution pour tout garder mais en optimisant l’espace ahahah.

J’ai décidé de passer à l’action réellement après mes 2 grossesses. J’ai une fille de 2 mois et une autre de 17 mois (oui j’ai enchaîné, je vous expliquerai le pourquoi et comment en s’en sort (ou pas) dans un prochain article 😉 ). Du coup, mon ancien 36 m’a dit adieu. J’ai connu le 38, le 40 et.. le 42 limite 44. Du coup, pourquoi me séparer de vêtements alors que je ne sais plus quelle taille je fais et laquelle je vais faire dans 3 mois ? Entre 2 grossesses j’ai nourri le rêve secret de renfiler mes jeans 36 comme dans la pub XSL. Depuis mon deuxième accouchement, j’ai enfin réalisé que ce temps là était révolu. Quand bien même je reperdrais du poids, mes hanches ne sont définitivement plus les mêmes. Sans parler de la peau de mon ventre qui semble subir atrocement la loi de la gravité. J’ai respiré un grand coup et me suis retroussé les manches. J’ai commencé par un tri dans les affaires pour lesquelles j’avais encore un peu d’espoir. A l’heure à laquelle je vous parle, il me reste au moins 5m3 de celles où je me tâte encore… Bref. J’ai décidé d’agir.

J’ai toujours été quelqu’un qui garde tout. Mes agendas du collège, mes carnets de notes, mes devoir de maths en prépa où je peinais à atteindre le 4/20, mes premiers articles mais aussi mon 1er vrai pyjama, ma barrette du CM1… au grand dam de mes parents, qui n’ont jamais compris comment on pouvait s’attacher autant aux objets. Pourtant j’ai déménagé 25 fois (oui oui) dans ma vie et vécu à l’étranger, toute seule. Une expérience qui aurait dû m’inculquer une certaine faculté de détachement par rapport aux choses et aux souvenirs. Mais tout cela a eu l’effet inverse : larguée géographiquement, il fallait que je garde des preuves de mon passage quelque part (psychologie de comptoir ? excuse ? ). Ce n’est que depuis quelques années que j’ai commencé à me dire que j’avais trop de choses et qu’il fallait que je commence faire le ménage dans ma garde-robe, pour commencer. A Nantes, chez mes parents, ma mère a subrepticement pris les choses en main en donnant mes affaires d’adolescente et de jeune adulte au fur et à mesure en très petite quantité pour que je ne me rende compte de rien. Jusqu’au jour où je me suis mis en tête de remettre un manteau datant du lycée. Démasquée (mais contente d’elle-même la garce), j’avoue que ça m’a fait un peu de peine. Et 5 minutes après j’étais passée à autre chose. Preuve que qu’on s’en remet ! En quittant 10 années de vie commune avec mon ex, j’ai également du faire du tri. C’est là que les choses ont été le plus facile au final, j’ai jeté des cartons et des cartons à la benne du relay avec le sentiment de commencer une nouvelle vie. Et avec la fierté de mettre enfin en application mes velléités de solidarité. Parce que si j’avais toujours donné de l’argent à des assos ou aux personnes dans la rue, je n’avais encore jamais réussi à donner des vêtements !

Je suis passée du don à la vente depuis la naissance de ma 1ère fille. Je donne encore à des personnes de mon entourage mais quand la taille ou le style ne convient à personne, hop, je vends. Les vêtements de mes filles devenus trop petits sont en partie donnés, mais aussi gardés dans une valises (on ne se refait pas), car je nourris l’espoir de pouvoir les passer à mes frères, plus jeunes, quand ils deviendront papas. Car habiller son enfant, c’est cher ! J’utilise le Bon coin et Vinted. Pas le temps de m’éparpiller davantage sur d’autres sites. Pourquoi vendre au lieu de donner le tout? Pour une raison économique. Je suis un gilet jaune qui vend son gilet quoi.

La 1ère raison est économique. Je vends mes vêtements très peu cher. Quelques euros par ci quelques euros par là, grâce auxquels je peux racheter des vêtements d’occasion pour mes filles. J’ai acheté neuf au début, forcément (quand on attend une fille on devient folle. Je m’étais pourtant juré de ne pas être ce type de mère, mais les hormones hein…). Je me suis calmée, mais le fait d’avoir une 2e fille née une autre saison, et la vitesse avec laquelle un enfant grandi font que mon pouce a une tendance naturelle à scroller et cliquer sur acheter…. Et puis ça me fait mal désormais d’acheter neuf. Si vous avez regardé l’émission Capital hier (13/01/2018) sur Amazon et le Relay vous verrez où je veux en venir. Ça m’a fait mal au coeur. Mon consumérisme m’a sauté aux yeux. Comme beaucoup, j’aimerai tendre vers la tendance minimaliste. Mais il faut être honnête, je vais avoir beaucoup de mal. En attendant, comme j’ai toujours cette excuse histoire de changement de morphologie, je dois quand même trouver des vêtements pour remplacer mes jeans de grossesse. Et je fais désormais une pointure 39. C’est bien chiant. (Oui une grossesse peut vous faire prendre une pointure… à vie !). Mais j’ai trouvé l’astuce : j’achète des robes ! aaaaaah l’astuce de la robe. En 42, ou 40. Quand j’aurai enfin perdu du poids (oui oui, j’y arriverai. Bon j’allaite encore alors je me laisse un peu de temps. Comment ça une excuse ???), je rajouterai une ceinture. Ou je remercierai la tendance loose. Bref, mon objectif est de ne plus acheter de vêtements avant un bon moment. Hormis les sous-vêtements (oui, pour ça l’occasion existe mais j’ai un peu plus de mal de me dire que je vais porter une culotte déjà portée…), que je devrai acheter neufs, voilà mon objectif 2019.

La 2e raison est psychologique : en vendant un vêtement, je sais que la personne va réellement porter ce vêtement. Je ne me pose plus la question de ce qu’il va devenir et s’il va bien servir à quelqu’un ou être recyclé et non jeté à la poubelle.  Le vendre pour quelques euros me donne également un sentiment de gratification : je peux faire plaisir à quelqu’un qui n’aurait peut-être pas pu l’acheter au prix d’origine ! Une sorte de cercle vertueux puisque je peux ainsi moi-même acheter pour moi, mes filles, ou mon homme. Mais oui oui je sais, moi, ça y est je suis sensée arrêter de craquer pour moi !

J’ai donc passé un temps fou sur Vinted. Ce qui m’a donné l’idée des 1ers portraits et témoignages de ce tout nouveau blog. Bonne lecture !